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FREAKY FRIDAY

Vous vous souvenez de ce film, sorti en 2003 (ça ne nous rajeunit pas !) où Lindsay Lohan (pré-rehab) et Jamie Lee Curtis switchaient de corps pendant quelques jours, permettant par cette habile tactique aux scénaristes de nous montrer qu'en ce mettant dans les chaussures de quelqu'un d'autre, on comprend d'un coup vachement mieux ses problématiques ?


Si je vous disais que c'est exactement ce que j'ai vécu, vous me croyez ?


Il y a sept ans, mon ainé est né, je suis restée avec lui 5 mois après sa naissance. Son papa est resté avec lui (avec nous) 11 jours.

Il y a 2 ans, mon second est né. Je suis restée avec lui 2 mois et demi. Son papa 10 mois.


Qui est Lindsay Lohan, qui est Jamie Lee Curtis ? L'histoire ne le dit pas. Ce que cette histoire dit par contre, c'est que je me suis rendue compte en endossant le rôle "classique" de l'homme (salaire majoritaire, c'est moi qui travaillait, moi qui avait une vie de "bureau" pendant que mon mari était à la maison à gérer les enfants), c'est que celui qui travaille, c'est celui pour qui tout est plus facile.


Il y a sept ans, quand mon mari rentrait du travail, j'étais vidée de ma journée de maman au foyer, je n'avais qu'une envie : passer le relais. Mon mari disait que lui aussi était fatigué de sa journée de boulot, et c'est vrai : une journée de travail, c'est fatiguant.

Mais rien n'est comparable à la fatigue du foyer, la gestion familiale, des plannings, des courses, la liste de la charge mentale qui s'étale dans chaque centimètre carré du domicile, la gestion des cris, des émotions qui débordent, de la fatigue de la routine...


Quand on a fait notre "freaky Friday", mon mari a pris conscience de tout ça. Il l'avait évidemment entendu 5 ans plus tôt, mais le vivre, c'est autre chose. Il a pu expérimenter la fatigue, la lassitude de n'être plus "que" père, la frustration d'un quotidien empli de tâches répétitives et peu valorisantes, l'impression que chaque jour ressemble au suivant...


Cette expérience a considérablement changé notre vie de famille. En enfilant les chaussures l'un de l'autre, elle nous a permis de mieux nous comprendre, mieux entendre nos besoins et nos limites, et au final, de mieux équilibrer le couple et la famille.


Cette expérience malheureusement, elle n'est pas donnée à tout le monde. C'est un choix que nous avons fait, qui a demandé des sacrifices bien sûr mais qui était tout de même à notre portée. Être papa à la maison est totalement dévalorisé par la société et la reprise de travail de mon mari à l'issue de ce congé en est l'exemple parfait : combien de recruteurs pour le féliciter d'avoir passé du temps avec ses enfants ? Mais combien aussi trop frileux pour embaucher un homme qui semble (en apparence) plus investi dans le foyer que dans la sphère professionnelle ? Mon mari a la chance de travailler dans un secteur très porteur, mais certaines opportunités lui sont tout de même passé sous le nez à cause de ce "trou" dans le CV. Que toutes les femmes pour qui ce dernier paragraphe fait écho lèvent la main !


Alors voilà, la preuve par l'exemple que pour moi, la clé de l'égalité homme-femme, elle passe évidemment par des rémunérations équitables, pour que le choix de la mère à la maison ne se fasse plus par défaut mais par envie, mais également par un congé post-accouchement équitable. 10 semaines pour maman. 10 semaines pour le coparent. Minimum. Et EN MÊME TEMPS. Ainsi, les deux parents partiront à égalité pour affronter cette tornade qu'est la parentalité, tous deux experts de la gestion de leur nouveau né. Tous deux soucieux de ses besoins et des besoins de leurs conjoints.

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