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  • Photo du rédacteurAlice

J'invoque le non-droit d'injonctions !


S'il y a bien quelque chose qui m'a heurté dans l'entrée dans la maternité, c'est les injonctions encore bien trop pesantes dans notre société. Déjà en tant que femme, on n'en tient une bonne louche, mais en devenant Maman, ça en rajoute une couche (sans mauvais jeu de mot).

Peut-être suis-je trop utopiste, mais je reste intiment convaincue que le temps va estomper ces dictats qu'on nous impose. Ça commence à bouger, on libère la parole et on se fait entendre : la maternité c'est pas comme dans les films (ni les accouchements d'ailleurs..).

Nous avons le droit de ne pas vouloir être mère, et nous avons le droit de crier haut et fort, que "NON, c'est pas magnifique tous les jours", qu'on nous en demande trop en tant que femme et maman. "Travaille comme si tu n'avais pas d'enfants et élève tes enfants comme si tu n'avais pas de travail"... laissez-moi rire !


Normaliser le fait que la charge mentale soit trop lourde, qu'être femme au foyer est épuisant, que la depression post partum existe, que c'est difficile d'être parfaite alors que dans le fond, on n'en a même pas envie...c'est faire de demain une safer place pour nous.


Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des guerrières qui chaque jour choisissons, car nous avons sans cesse des choix et des concessions à faire.

Je voudrais que la société le reconnaisse.

Qu'on rende à Cléopatre ce qui lui appartient !




J'aime cet élan de sororité que l'on retrouve sur les réseaux et dans nos villages, ce "ÇA SUFFIT" collectif qui scande qu'être Maman ne nous impose pas d'être toujours apprêtées, pimpantes, de prendre soin de soi, de faire du sport et de perdre rapidement le poids de sa grossesse "Cachez-moi ces vilaines cicatrices", de faire du yoga pour se détendre "Oh ma pauvre t'as l'air crevée", d'avoir une maison extrêmement bien rangée, instagrammable "et que ça brille", d'être une as des fourneaux, "Tu connais pas le Batch Cooking?", d'appliquer au quotidien les règles de l'éducation positive, d'accepter les émotions de son enfant mais de lisser les siennes, de n'acheter que des jouets montessori, en bois, de ne pas céder aux écrans, d'être créative, d'être une compagne aimante et compréhensive, parfois docile mais aussi d'être une badass, une "GirlBoss", d'être au top de notre carrière pro, de créer, produire, inspirer, d'être honorable, patiente, douce et convenable... de ne pas pleurer, ou en secret, de ne pas se plaindre, de lâcher prise, de culpabiliser, de ne pas culpabiliser, de dormir quand bébé dort mais de ne pas oublier de lancer la dernière machine, de remercier le papa quand il réchauffe le plat de bébé que l'on a préparé la veille, de ne pas le remercier parce que c'est normal mais susciter des réflexions de type "Woa mais t'as tellement de chance", de devoir se justifier mais pas trop, d'être indépendante, de bien gagner sa vie, mais pas trop... STOP !


On en a marre de tout ça, et on ose le dire. Ça dérange mais ça nous démange de réclamer cette reconnaissance légitime. On demande pas grand chose, juste de la reconnaissance.


Dans un monde idéal (et je l'invoque très fort) je voudrais qu'on reconnaisse que l'éducation d'un enfant n'est pas qu'une affaire de femme, qu'on donne l'espace et les moyens aux pères d'incarner leur rôle comme ils le devraient, de valoriser tout ce travail, d'adapter nos modes de vies en fonction de nos obligations parentales, de faire des espaces publics, des lieux Family Friendly, inclusifs pour les jeunes parents et les tout-petits et d'arrêter de trop en demander aux femmes.


Finalement, est-ce utopiste de réclamer un monde plus juste ?



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